ENTRE ALI BONGO ET MOUKAGNI IWANGOU, QUI A VOULU ROULER QUI ?

Permettez-moi d’ouvrir cette analyse par une formule empruntée au Général Américain Georges Marshall : Ť Ne vous jetez pas sur le problčme ! ť Autrement dit : efforcez-vous de comprendre le problčme, analysez-le clairement, et vous serez alors ŕ mesure de le résoudre. Je tente en effet d’aborder avec lucidité l’affaire MOUKAGNI IWANGOU, que d’aucun ont tôt fait de surnommer Ť MOUKAGNIGATE ť car, il s’agit d’une question existentielle qui engage l’avenir de notre pays. Oů allons-nous ? Que faisons-nous ?

Autant vous prévenir toute suite que je ne suis pas de ceux qui se consolent des excuses hâtives. Au tout début donc, je suis resté trčs réservé sur le Ť NON, NON, ET NON ť du Président du Front Uni de l’opposition gabonaise. Et cela d’autant plus que cette posture a créé une atmosphčre de suspicion et, je suis désolé de le dire, de duperie, ŕ propos du nouveau gouvernement Daniel ONA ONDO III. J’emploie le mot Ť Duperie ť parce qu’il s’agit bien de cela et les événements qui ont suivi me donnent entičrement raison.

Ainsi, aprčs avoir longtemps tergiversé et sentant que l’étau se resserrait autour de lui, Monsieur MOUKAGNI a enfin reconnu avoir eu des contacts avec le pouvoir : Ť Pour ne pas faire tomber la flamme, je dois, enfin et pour toujours, reconnaitre que je me suis approché d’un pas trčs imprudent vers un régime acculé sur ses derniers retranchements… ť,a-t-il déclaré le samedi 19 septembre 2015.

Certes, le Président MOUKAGNI a présenté ses Ť plates excuses au peuple de l’Opposition ť, mais cette affaire est bien loin d’ętre finie. Aurait-il fallu que ce scandale éclate au grand jour pour que le Président MOUKAGNI reconnaisse avoir rencontré le Président de la République ? Et il y est allé sans aucun intermédiaire. Or, ŕ ce niveau d’échanges, le Président du Front Uni de l’Opposition devait nécessairement ętre accompagné de témoins, aprčs consultation préalable de tous les membres du Front. Lui seul, devant sa conscience est bien placé pour savoir qu’une telle initiative politique doit ętre transparente.

Je suis convaincu que le Président MOUKAGNI IWANGOU se rendra ŕ l’évidence que la politique n’est pas la rédaction des articles de droit. Sur ce terrain, il n’y a point de suspicion possible. Męme s’il n’est pas d’accord, il se doit aujourd’hui d’aller plus loin que les simples excuses et dire au peuple sur quoi a-t-il exactement discuté avec le pouvoir.

Un Front n’est pas une union habituelle. Le Front est pratique et symbolise la guerre ou mieux la bataille pour le renversement du régime. Il ne s’agit pas d’un parti politique, mais d’un regroupement de partis et leaders politiques légalement reconnus. Si on veut amener ce Front ŕ l’ouverture, il faut que le peuple le sache. Il ne saurait ętre question pour quiconque d’aller dans un coin tout seul négocier avec des amis. C’est de la vie de toute une Nation dont il est question et on n’est quand męme pas dans un Etat voyou.

Franchement ! Il y a visiblement une fourberie quelque part car, il me semble que dans une question aussi sérieuse, le Président de la République ne peut pas discuter dans le noir. Entre ALI BONGO et MOUKAGNI IWANGOU, qui a voulu rouler qui ? Ou ce sont les deux qui ont voulu rouler le peuple ?

Par ailleurs, lorsque le pouvoir parle d’ouverture, de quoi s’agit-il ? On ne peut ouvrir que quelque chose qui était fermée. C’était fermé pourquoi et pourquoi c’est ouvert ? Si c’est ouvert pour la Paix et le Bien-ętre des Gabonais, tant mieux ! Mais nous voudrions comprendre.

En 1994, les accords de Paris étaient un axe bien défini et l’aboutissement des négociations entre l’opposition regroupée au sein du Haut Conseil de la Résistance (HCR) et le pouvoir Omar Bongo Pčre. Toutes les parties prenantes ŕ ces accords ont intervenu pour garantir la paix sociale dans notre pays. Dans la situation sociopolitique actuelle, si le pouvoir veut réellement l’ouverture, il ne doit pas jouer ŕ un jeu de cache-cache. Tout le monde doit causer, avoir le męme niveau d’information et savoir le contenu du dialogue.

Il faut savoir que la négociation politique renvoie ŕ des enjeux pratiques et convoque les acteurs. Comme le dit Monsieur BARRO CHAMBRIER, l’un des ténors du courant Ť Héritage et Modernités ť du PDG, les Gabonais doivent s’entendre et se rassembler autour d’un minimum commun et engager des discussions susceptibles d’apaiser le climat politique dans notre pays. Il n’y a que cette maničre saine d’engager le dialogue avec toutes les composantes de l’opposition qui donnera aux négociations le prix que nos compatriotes dans leur diversité politique sont en droit d’en attendre.

J’écris prévenir d’éventuels conflits car, l’évolution du monde est tel que personne ne maitrise plus rien en matičre de sécurité. La dialectique historique nous a montré que les conflits surviennent toujours du fait des incompréhensions politiques. Quand les Européens sont obligés de prendre en compte la question de l’immigration, ce n’est pas pour rien.

Gabonais, sommes-nous plus puissants que l’Irak la Syrie le Soudan, la Côte d’ivoire, le Burkina Faso, le Burundi ou encore le grand Nigéria et le Cameroun ébranlés par les guerres et BOKO HARAM ? Nous n’avons pas pris l’habitude de ces questions dans le monde, raison pour laquelle nous devons en tirer toutes les leçons. Tout ça doit nous amener ŕ faire une ouverture politique, mais il faut en définir les axes.

J’en profite enfin pour attirer l’attention des leaders politiques de l’opposition en disant que personne n’a le monopole du Patriotisme. Les choses précises se précisent maintenant et il ne faut pas qu’il y ait des soupçons. Le peuple vous observe désormais jour aprčs jour, heure par heure, minute par minute.

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